PLéNIèRES

Victimes : un parcours à plusieurs voies pour se reconstruire

Cette année, la Conférence Annuelle de Victim Support Europe comprendra trois séances plénières dites « traditionnelles » et une séance plénière interactive, via un format de conversation à double sens entre les intervenants et les auditeurs : un moyen particulièrement attrayant de présenter du contenu au public !

Plénière I – Table ronde : Comment repenser l’intégration de la victime dans les systèmes judiciaires ?

– Les audiences pour violences sexuelles et violences conjugales : une évolution à envisager ?

Cette présentation portera sur le fonctionnement des tribunaux spécialisés et sur les avantages et inconvénients de la gestion de ces infractions qui nécessitent un traitement particulier.
Plusieurs magistrats confronteront leurs propres systèmes afin d’expliquer ce qui a fonctionné ou non, quelles en sont les raisons et s’il existe des conditions préalables pour que ce type d’expérience soit applicable dans toute l’Europe.

– Comment améliorer la coopération judiciaire pour permettre aux victimes d’assister à une audience à l’étranger ?

Malgré les différences processuelles, malgré la distance, une coopération internationale est possible afin de permettre aux victimes d’assister à un procès à l’étranger. A l’occasion du procès du Bardo suite à l’attaque terroriste du musée du Bardo en Tunisie, et pour la première fois, les victimes ont pu voir leurs frais de déplacement pris en charge afin de pouvoir être présentes lors du procès en Tunisie.
Les victimes dans l’incapacité de se déplacer en Tunisie ont également eu la possibilité d’aller à Paris pour suivre la retransmission vidéo du procès.
Cette présentation expliquera également la manière dont la participation des services nationaux d’aide aux victimes a permis la prise en considération des dimensions psychologique et indemnitaire des victimes.

– Réduire la victimisation secondaire pendant le procès :

Cette présentation portera spécifiquement sur une expérience visant à avoir recours à la médiation animale pour réduire la victimisation secondaire des victimes pendant le procès : en effet, afin d’éviter ce risque, des dispositifs innovants ont été pensés et mis en œuvre directement au sein de certains tribunaux. Tel est le cas de l’accompagnement des victimes par des chiens, lesquels sont spécialement entraînés et capables de travailler avec les victimes dans les procédures pénales et devant les tribunaux dans le cadre d’une audience.

Plénière II : Quelles sont les différentes voies pour venir en aide aux victimes ?

– Qu’entend-on par système national d’aide aux victimes ?

Avoir un système d’aide aux victimes national, quelle que soit l’entité porteuse, permet une égalité de prise en charge sur tout le territoire. Il peut s’agir d’un système gouvernemental, associatif, porté par des bénévoles ou des professionnels.
Dans toute l’Europe et au-delà, à quoi devrait ressembler un système national d’aide aux victimes : quels services devrait-il englober, qui devrait être à la tête de ce système, et comment le rendre accessible à tous. Cette plénière présentera un cadre global qui pourrait être utilisé dans n’importe quel pays.

– Secouristes : intégrer la dimension de soutien aux victimes dans ces professions :

Les professionnels du secours aux personnes incluent de plus en plus le soutien aux victimes dans leur travail, allant plus loin que l’assistance immédiate aux victimes. Ils ont la capacité de réorienter les victimes d’actes criminels vers des structures d’aide aux victimes et ont la capacité et le souhait de se préoccuper de l’après.
Durant cette intervention, les pompiers parleront de leur expérience : la façon dont ils aident les victimes et les orientent.

– L’aide à distance : illustration par les plateformes téléphoniques d’aide aux victimes :

Les lignes téléphoniques d’aide sont souvent le premier contact pour les victimes lorsqu’elles demandent de l’aide et leur premier accès vers le ministère de la Justice.
L’Union européenne a depuis longtemps établi que le 116006 devait être le numéro unique en Europe pour aider les victimes d’infractions pénales. Pourtant, peu d’États encore l’ont mis en œuvre. Pourquoi est-ce le cas ? Quels sont les coûts induits par l’absence de lignes d’écoute et d’aide ? Quels sont les critères d’une bonne plateforme téléphonique ? Comment pouvons-nous favoriser l’installation de plateformes téléphoniques nationales d’aide aux victimes en Europe et ailleurs ?

Plénière III : Quels chemins vers la reconstruction ?

– Quel soutien psychologique pour quelle victime : évaluer les besoins pour proposer un accompagnement spécifique ?

Il est fondamental que différentes formes de prise en charge psychologique soient à disposition des victimes afin qu’elles trouvent un moyen approprié de se rétablir après un trauma. Cette session présentera l’importance d’évaluer correctement les besoins des victimes pour leur proposer l’accompagnement qui leur convient et s’assurer que les victimes ont accès au soutien psychologique le plus approprié pour elles.

– Comment trouver un psychologue adapté : développer des réseaux d’experts ?

Afin de mettre à disposition différentes formes d’accompagnement psychologique, il est apparu nécessaire de développer des réseaux d’experts qui permettraient aux victimes de trouver le professionnel qui leur conviendrait.
Suite aux attaques terroristes, l’un des problèmes qui a émergé a été la difficulté pour les victimes de trouver un psychologue qui leur convenait. Comme pour les avocats, s’est dégagé le besoin d’établir une liste de professionnels vers laquelle les services d’aide aux victimes pourraient rediriger les victimes, afin qu’elles puissent trouver le psychologue ainsi que la forme d’accompagnement qui leur conviennent.

– Renforcer la reconstruction des victimes via la justice restaurative : mettre l’accent sur un soutien complémentaire :

La justice restaurative peut revêtir plusieurs formes et intervenir en dehors de tout processus judiciaire : elle est ainsi un autre moyen de soutenir et aider les victimes, en complément du soutien psychologique et de l’indemnisation financière.

– Faire évoluer les systèmes d’indemnisation des victimes :

Le but de l’indemnisation financière est d’aider les victimes à revenir au plus près de leur situation antérieure, avant qu’elles ne deviennent victimes. Cependant, est-il possible pour la victime d’obtenir véritablement une réparation intégrale ? Existe-t-il un système d’indemnisation optimal ? Nos systèmes d’indemnisation engendrent-ils plus de mal que de bien aux victimes ?
Cette présentation évoquera comment les conditions d’indemnisation peuvent être modifiées, quels préjudices doivent être indemnisés et les raisons pour lesquelles il est important pour les victimes de bénéficier d’un droit à indemnisation.

Plénière IV – Plénière interactive : Atteindre une aide aux victimes de qualité

Cette session plénière est conçue de façon à favoriser les échanges et interactions entre les participants de la Conférence.

Elle sera axée sur la façon d’obtenir des services de qualité en déterminant les critères de qualité.
De courtes présentations aborderont les normes définies par les services d’aide aux victimes et la formation des professionnels. Par exemple, le Gouvernement français a développé un cadre minimum à suivre et à respecter par les associations professionnelles d’aide aux victimes, mais que peut-on considérer comme un standard approprié et pertinent ?

Les présentations de cette session plénière aborderont la place des victimes au sein de l’aide aux victimes ainsi que la pair-aidance : comment inclure les victimes au sein de nos dispositifs de soutien ? Comment d’anciennes victimes peuvent-elles aider de nouvelles victimes ?